Après la
prophétie de Mohammed(PSL), Dieu envoyait des missionnaires aux peuples qui devaient
embrasser la religion de la vérité ou se repentir des péchés. C’est pourquoi à
chaque époque des Cheikh Mourabbi apparaissaient pour guider les personnes
égarées. Cheikhna Cheikh Mohammed Fadel a été un des missionnaires du Seigneur,
qui, ne s’étant pas déplacé a propagé les paroles divines et l’enseignement du
Prophète grâce à ses fils porte-étendards qui se sont dispersé dans toutes les
régions.
Son fils Cheikhna
Cheikh Saadou Abihi, a été celui à qui Dieu, donnera la mission de purifier les
peuples noirs situés au Sud-ouest de Hawdou, c'est-à-dire de la région de
Trarza au Sénégal, allant jusqu’au Fouta Djallon.
Beaucoup de
peuples se sont convertis à l’islam grâce à cet homme de Dieu extraordinaire.
Beaucoup de musulmans, d’éminents lettrés se sont vu ouvrir les portes du
soufisme par ce fils de Cheikh Mohammed
Fadel.
Nous avons
déjà traité un exposé sur la représentativité
de Cheikhna Cheikh Saadbouh au Sénégal. Un document riche mais
incomplet car nous ignorons le nombre de personnes qui ont eu la chance de
côtoyer le grand cheikh et qui ont été par la suite été consacrés.
Nous allons
seulement nous référer à la parole de son dévoué mouride Cheikh Déthialaw Seck dans son livre Misbâhoud Diyâ :
« CHEIKHNA ne cessa d’illuminer
l’islam à Dakar et d’éteindre les feux de l’enfer dans beaucoup de tribus et
personne ne connait leur nombre à part DIEU, et cela est l’héritage de son
ancêtre Seydina Mohamad sala lahou aleyhi wa salama ».
Il parlait ainsi du voyage de Cheikhna à
Dakar, mais partout où le Cheikh a mis les pieds les peuples affluèrent pour
chercher sa bénédiction.
Dans les zones du Sénégal où Cheikhna n’est
pas allé, ses missionnaires ont fait un très bon travail. Dans l’exposé
précédant on a cité les cas de ses neveux Cheikh Youbba El Mokhtar et Cheikh
Hadramé would Misbâh Eddîn respectivement dans le Ferlo et le Djolof, ainsi que
les autres grands Cheikh.
Au sud
du pays, Cheikh Al Mahfoudh a été le principal artisan de l’islamisation des
peuples. Il a joué un rôle très important dans l’anéantissement du fétichisme
et du polythéisme dans cette région du sud allant de la Casamance aux deux Guinées.
Paul Marty, dans un de ses rapports est revenu en détail sur l’histoire de
Cheikh Al Mahfoudh en Casamance.
Dans cet exposé, nous allons voir la
représentativité de Cheikhna Cheikh Saadbouh dans les deux Guinées, et
principalement au Fouta Djallon durant la période allant de la fin du 19ième
siècle et début 20ième siècle. Certains personnages que nous allons
voir ici ont été en relation directe avec le grand maître et sont retourné
élargir la voie qâdria dans leurs contrées.
Dans le
rapport colonial sur l’islam au Fouta Djallon, l’auteur écrit :
« La Gambie, la Casamance et les
guinées portugaises et françaises sont, depuis quelques années de la part de
Saadbouh, l’objet d’une propagande islamique intense. Il y est représenté par
plusieurs de ses neveux, et on constate entre le Cheikh et ses missionnaires un
échange perpétuel d’envoyés, de correspondances et d’instructions ».
Rappelons d’abord par un bref résumé la
situation géographique et l’histoire de l’islamisation du Fouta Djallon.
Le Fouta Djallon est la région montagneuse
située à l’ouest de la Guinée, au Sud du Sénégal. Cette région est frontalière
à la Casamance. Elle est majoritairement peuplée de Peuls. Les Soussou et les
Dialonké constituent les deux autres groupes assez importants. C’est une zone qui s’est islamisé au 16ième siècle
par les migrants venant particulièrement du Fouta Toro. Ce fut une zone dominée
par le Tidjanisme d’ElHaj Oumar jusqu’au 19ième siècle.
La confrérie Qadria y est entrée d’abord par
la voie des disciples de Cheikh Sidia, avant qu’elle ne prenne de l’ampleur
avec la venue de la famille de Cheikhna Cheikh Mohammad Vadal, sous la
direction de Cheikhal Mahfoudh would Abba.
Pour simplifier cet exposé, nous n’allons pas voir ici la représentation
de Cheikhal Mahfoudh, ni de ses disciples dans cette région, mais seulement les
missionnaires de Cheikh Saadbouh cités dans la revue du monde musulman de 1920,
avec
des gros plans sur quatre d’entre eux : Al Hadji Bademba Séfouré, Cheikh
Fantamady, Cherif Mohammad et Cheikh
Ahmadou de Dinguiraye.
Dans le rapport colonial sur l’islam au Fouta
Djallon, il est écrit :
« Saadbouh est connu dans le Fouta Djallon.
Ses fils et ses disciples y font d’ailleurs quelques apparitions, ces dernières années. Un de ses
neveux Mohammed Fadel, fils de Hadrami, du Hod y fit en particulier une tournée
pastorale, vers 1908 et y lassa, tant chez les almamys de Timbo que chez
Thierno Atigou, à Kindia, et que chez les wali de Goumba où il séjourna
plusieurs jours, la réputation d’un parfait chérif. D’un chérif sans reproche
et sans suspicion, d’un chérif qui possédait vraiment le nom de Dieu ».
On peut citer parmi les groupements Qadria
relevant de l’obédience de Cheikh Saadbouh :
Dans le Labé : à Kompeïa (province de Dongora), celui de Thierno Malik, né vers
1860, fils et disciple de Diakarïa qui avait reçu le wird de Thierno Abdoul
Torodo, missionnaire de Cheikh Saadbouh,
de passage dans le Labé vers 1880. A Lisan (province de Komba), Marafou, né
vers 1855, d’origine Sarakollé, disciple de Fodé Hamadou de Bathurst. Celui-ci
reçu le wird de Cheikh Saadbouh, au cours d’un voyage du Cheikh en Gambie*. Marafou est imam de la mosquée
de Linsan-Sarakollé.
Dans la residence de Tougué : à Tougué même, où il est en résidence obligatoire, le Diankanké Sékou
Mamadou Konté, de Késsébé (dans le Kollé). Né vers 1870, il fit ses premières
études avec son père Kounsania Konté, puis les continua à Médina Kouta, centre
Diankanké, auprès du groupement de Fodé Lamine, élève et disciple de Cheikh Saadbouh, et périodiquement visité par ses missionnaires,
entre Khroufa et Nouakchott. A son retour, il parcourut le Sénégal et la
guinée, chercha le grand chef auprès duquel il édifierait sa fortune. Il
crut l’avoir à Hérémakono(Farana) en la
personne de Kémokho Bilali,
l’ex-lieutenant de Samory. Il reconnut son erreur vers 1904, vint s’installer
quelque temps dans le Koïn, et
finalement prit pied dans l’entourage d’Alfa Alimou, chef du Labé. Il y est
toujours et vit des ressources que lui procure l’école coranique qu’il a ouvert. C’est un lettré plus distingué, en qui l’on
reconnait l’éducation des cheikhs mauritaniens et ce savoir lui vaut une certaine
considération dans la région.
Dans le Ditin : Al Hadji Bademba Séfouré, poullo. Abdoulaye Bademba, fils
de Madiou, descendait de captifs. Maadiou, savant renommé du milieu du dix neuvième
siècle, avait sorti la famille de l’ornière et par les hautes fonctions de cadi
qu’il exerce successivement à la cour de
l’Almamy Oumarou et de celle de l’Almamy Ibrahima Dara, à Timbo, s’introduisit
dans l’aristocratie ouroubé. « Tierno Moësi, comme il l’appelle, était
renommé dans tout le Fouta-Diallon pour sa piété et son savoir ». Il
habitait Séfouré, dans le Kolladé de Ditin. Abdoulaye, son fils, était né vers
1835, à Séfouré. Il fit ses premières études auprès de son père, les continua
auprès de Thierno Hamidou de Golléré (Fouta Toro), y épousa une femme
Toucouleur qu’il devait ramener dans le
Fouta- Djallon, et alla achever son éducation à St Louis. Il resta vingt ans à
St Louis en professant, et assisté de son disciple et ami Al-Hadji Amadou,
Toucouleur de Dinguiraye. Leur but était le pèlerinage à la Mecque. Les deux marabouts gagnèrent la Mecque(1890).
A leur retour, le maître et le disciple se séparèrent. Hadji Bademba revint au
Fouta et, après une visite aux almamys de Timbo, vint s’installer à Séfouré où
il ouvrit une école et conféra des affiliations Qadria. Il s’était fait en effet
initié à cette voie, lors de son séjour à St Louis, par Cheikh Saadbouh
lui-même, et en avait reçu les pouvoirs de Moqadem(Cheikh). Hadji Bademba a
laissé ainsi de nombreux talibé dans la région. Il est mort en 1905, et a été
enterré à Séfouré. Les groupements
relevant de son obédience et méritant d’être signalé sont :
·
Dans la
région de Pita,
Alfa Oumarou de Bomboli, né vers
1855 ; Tierno Al Gassimou, de Benténiel Tokosséré, né vers 1870, Amadou
Ouri, à la Missidi de Maci, né vers
1874 ; Thierno Samoussi et Modi Ouri, de Broual Tapé, né vers
1870 ; Momadio Gando, de Ouambéré Lèye (Broual Tapé) né vers 1855.
·
Dans la
région de Ditin,
province de Bodié : Tierno Ibrahima Diawléko et son père Karamoko Alfa.
Dans le Galli : à Kénéné, Tierno Souleymane, maître d’une d’école florissante.
A Niogo,
Tierno Ibrahima Nguila. A kourou Malinké, Tierno Ibrahima Diabé.
Dans la région de Timbo, Alfa Amadou Ouri, de Bambiko, province de
Niagara, né vers 1865, à Koléa(Hériko), il habite au Foulasso de Mori Fatandé.
Il a fait ses études chez Tierno Hamidou Hériko et a reçu le wird tidiania,
puis chose inouïe, il a abandonné cette voie et s’est fait affilier au « qaderisme »
de Hadji Bademba. Les principaux talibés d’Alfa Amadou Ouri, tous maîtres
d’école, sont : Tierno Saidou à Koléa ; Tierno issa, à Gongoré,
Tierno Alimou à Bambiko, et Alfa Amadou à Sabéli, dans le Satadougou.
Dans le Dinguiraye, Al
Hadji Amadou. Toucouleur
d’origine né vers 1860, à Sokoboli(Dinguiraye). Al Hadji Amadou Sokoboli, connu
sous le nom de Mostafa(ou Mouhamadou Dinguiraye), est mort en fin 1914 à
Sokoboli (province de la Tamba) où il était domicilié depuis longtemps. Il
était d’origine toucouleure. Son grand-père, qui habitait Doulounaye Doubé,
dans le cercle de Matam (Fouta Toro) faisait partie des bandes d’Al hadj Omar
et s’établit à Dinguiraye. Sa famille l’y rejoignit par la suite. Son père Saïdou
Hellou, vécut notable et commerçant, à Dinguiraye, puis dans la Tamba, où il s’installa
finalement à Sokoboli. C’est là que naquit Mamadou vers 1860. Il fit ses
premières études à Sokoboli, sous la direction de son oncle Bapa Yoro et de son
frère Mokhtar, puis à Dinguiraye, et enfin alla les compléter chez les
marabouts du Soudan et du Hodh(Hawdou). De là, il alla à St Louis, y rencontra Bademba
Seïfouré, avec qui il se lia ; ils firent ensemble le voyage de la Mecque.
A son retour du pèlerinage, il s’arrête
Dakar et alla passer plusieurs mois auprès du Cheikh Saadbouh, dans le
Trarza.
Il y compléta ses études et en reçut le wird
se séparant de son maitre Bademba Seïfouré.
Les raisons qui ont fait que Al Hadj Amadou (Cheikh Mouhamadou
Dinguiraye) sont, qu’il voyait souvent Cheikhna Cheikh Saadbouh, dans ses
retraites spirituelles et dans ses rêves comme un sauveur. Donc il décida de
faire tout pour pouvoir le rencontrer.
Un jour alors que ses commerces prenaient feu, il invoqua le nom de Cheikh
Saadbouh, pour qu’il l’aide. Automatiquement il vit un homme de teint très
claire qui ne couvrait pas tout son visage, apparaitre et éteindre l’incendie.
L’homme disparu tout d’un coup. Lorsqu’il passa à Dakar et y rencontrant Cheikh
Saadbouh, il fut étonné que l’homme qu’il avait rencontré ne fût pas Cheikhna.
Lorsqu’il qu’il expliqua à cheikh Saadbouh cette aventure, celui ci lui
dit : « lorsque tu as invoqué mon nom, j’ai invoqué le nom de
mon petit frère Cheikh Sidi El Khayr, car il était plus proche de toi pendant
cette période, alors c’st lui qui est venu éteindre l’incendie ».
Al Hadji Amadou s’installa dès lors à
Dinguiraye, et y ouvrit une école coranique. Entre temps, il faisait le dioula
et le cultivateur. Ses pérégrinations commerciales l’amenèrent dans tout le
Fouta et notamment à Timbo, où il était l’objet d’une certaine considération,
et à Séfouré, où s’était retiré son ancien maître, Al Hadji Bademba dont il
épousa la fille Binta. fixé définitivement à Sokoboli, au milieu d’une petite
colonie de Fodévabé, il résolut de constituer un groupement religieux ;il
ouvrit une école coranique, attira un grand nombre de talibé, recueillit
notamment des gens de Goumba en fuite et des dissidents de confessions
voisines, activa la propagande religieuse en faisant de l’opposition aux chefs
administratifs, et même édifia une mosquée sans autorisation, ce qui , sur le
rapport de son frère Tierno Hadji, chef de village de Dara-Sokoboli, lui valut
une peine disciplinaire de quinze jours d’emprisonnement. Il mettait résolument
ses talibés aux travaux agricoles et constitua à Sokoboli une belle plantation
de kolatiers. Il mourut en 1914, faisant son œuvre inachevée. Il a été enterré
à Sokoboli.
Al Hadj Mamadou a laissé un
certain nombre de talibés dispersés soit dans le Dinguiraye, soit à la lisière
sud-orientale du Fouta. Les principaux chefs du gouvernement (ses cheikhs)
sont : Tierno Aliou et Mamadou Toro, Foula, à Sokoboli. Tierno Hamidou de
Balani-Oumaya. Un groupement à Wonson de
Bandiaya, dont les personnalités en vu sont : Tierno Amadou Sintiou, né
vers 1870 et Tierno Amadou Houm, né vers 1872, maîtres d’école du village. Hors
de Dinguiraye, ses principaux disciples, chefs de groupement tidiania
sont :
Dans le Tougué, à Kollangué(Koïn), Tierno Adama, né vers 1875, de la famille
Kololobé. Ce maître d’école, aisé et lettré, penche vers l’ascétisme (khalwa),
il est considéré à Kollangui.
A Timbo, Abou Horeira, qui a fait le vœu de solitude et vit enfermé
depuis onze ans dans la mosquée de Timbo. Il a distribué son wird à plusieurs
foula de la région, et notamment à Alfa Mamadou Paté, chef de Saïn (Timbo).
A Kankan : on peut citer deux grands cheikhs qui ont été en vue durant toute
leur vie.
Cheikh Mohammad Chérif :
Cheikh Mohammad naquit à Kankan
au début du mois d’avril en 1874(lundi 20 safar 1291de l’hégire). Ses ancêtres se réclamaient d’une descendance
chérifienne, ils avaient émigré de la région de Tichit en Mauritanie au 18ième
siècle. Ils ont joué un grand rôle à coté de Mohammad-Alfa –Kabiné Kaba dans la
diffusion du wird Qadria et dans la défense du Baté et du Fouta_Djallon, lors
de la croisade antimusulmane menée dans les années 1770 par Condé- Bourama
Diakité, roi de Wassouloum. Son père Karan-mô Aboubacar Sidiki Cherif,
jouissait de la réputation d’un saint (waliyou), dont les conquérants, fort
nombreux Haute Guinée et en Forêt en cette période de confusion et
d’instabilité, recherchaient les conseils et l’amitié. Selon les règles en
usage dans les milieux maraboutique, Mohammad, enfant doué, reçut une formation
coranique élémentaire solide très tôt en famille. Son père, ses oncles, son
frère aîné et, plus tard, d’autres grands maîtres de Kankan l’aidèrent à
maîtriser le canon orthodoxe et les textes de l’école malékite prépondérant
dans l’islam ouest-africain.il s’est distingué aussi par ses tendances
prononcées et précoces pour la contemplation et la méditation ainsi que pour la
recherche de la signification ésotérique des versets du coran et du mystère de
la vie du Prophète Mohammad(PSL) et des autres envoyés. S’étant marié avec une
fille de Samory, il resta dans son entourage jusqu’à l’arrestation de ce
dernier. Il retourna ensuite à Kankan auprès de son frère et resta sous tutelle
qui l’initia au wird Qadriya. Il pratiquait tellement la méditation qu’il
obtint la réputation d’un mystique doué de la vision et de la capacité de faire
des miracles. Mais ceci ne l’empêcha pas de suivre son frère jusqu’à sa mort en
1923. Cheikh Mohammad Cherif fut élevé au grade de Cheikh par deux ténors de la
Qadria, d’abord par Cheikh Sidiya, puis Cheikhna Cheikh Saadbouh en 1908. Dans ses retraites spirituelles qu’il voyait
toujours Cheikhna Cheikh Saadbouh.
C’est par l’intermédiaire de
Cheikh Talibouya que Cheikh Saadbouh éleva Mohammad Cherif au grade de Cheikh.
En effet Cheikh Talibouya fut chargé d’amener le turban et la canne de
consécration à Mohammad Chérif. Cheikh Saadbouh lui donna aussi un chapelet et
un tapis de prière et lui ordonna de délivrer à la fois la voie Qadria et
Tidjania.
Fanta Mady Chérif :
Fanta Mady Chérif, un chef de tribu et
guérisseur de renom à Kankan est un contemporain de Cheikh Mohammad Cherif. Voici
les circonstances de sa rencontre avec Cheikhna Cheikh Saadbouh :
Cheikh Fanta Mady, une nuit en
dormant, vit Cheikhna Cheikh Saadbouh en
rêve.
Le matin au réveil il appela ses
sujets et leur dit qu’il a vu la veille un
petit fils du Prophète du nom de Saadou Abihî, qui vit en Mauritanie. Le Cheikh était entrain de
l’appeler come s’il devait le remettre quelque chose. Ses rêves continuaient de
plus bel.
Quelques jours après cette annonce,
un dignitaire vint rendre visite au roi Fanta Mady et l’amena sa fille qui
était très malade. L’homme dit au roi
« ma fille est très souffrante, ça fait des semaines que je fais le tour
des guérisseurs mais personne n’a pu trouver un remède à sa maladie. J’ai perdu
énormément d’argent mais rien n’y fit. Donc je suis venu me confier à toi, ô
roi savant ! ».
Après consultation de la patiente,
Cheikh Fantamady la libère et lui
demande de revenir le lendemain après la
prière de dhuhr (tisbar).
Durant la nuit, Cheikh Fantamady fit
ses ablutions et pria deux « rakaats » avant de se coucher et fit
cette prière : « Ô toi Cheikh Saadbou, toi que j’ai vu
en rêve et que je n’ai jamais rencontré, je te demande de donner à cet homme
les remèdes qui soigneront sa fille ». Après que ses prières furent
terminées il se coucha.
Alors Cheikhna l’apparut en rêve et
lui recommanda ceci : « demain si l’homme vient, écris sur
un papier blanc la sourate Fatiha avec 1111 Bismillahi Rahmani Rahim. Tu lui
donneras ça comme remède et par la grâce de Dieu ses maux disparaîtront ».
Dès le petit matin le roi Fanta Mady
s’empressa d’écrire la formule en attendant sa patiente.
Dès que le dignitaire arriva avec sa
fille, il lui donna à boire la potion
prescrite.
Aussitôt après, par la grâce de
DIEU, la fille guérit de tous ses maux.
Le dignitaire était tellement
content qu’il donna sa fille comme épouse au roi Fanta Mady.
Avec cette femme, Cheikh Fanta Mady
eût trois enfants : Cheikhna Cheikh Mouhamed Vadal, Boubacar et Cheikhna
Cheikh Saadbouh.
Conclusion :
La relation entre le Cheikh et ces disciples
continue jusqu’à présent, en témoignent les visites fréquentes des familles des
Cheikh au Khayma de Cheikh Sidaty à Dakar, des pèlerinages à la ville sainte de
Nimzatt. Mais le plus concret c’est les relations fraternelles qu’entretiennent
ces familles avec la famille du grand Cheikh Al Mahfoudh would Abba, qui a été
le représentant le plus émérite de la tarîqa Qadria Fadelïa dans le sud.
Ce
petit exposé qui est loin d’être complet, car beaucoup de choses nous restent
encore inconnues sur les mécanismes de consécrations des cheikhs dans ce pays
très éloigné du fief de Cheikhna.
Certains propos peuvent ressembler à de la
légende, mais n’oublions pas ce que Cheikhna Cheikh Saadbouh a dit dans son
livre Al Khawâtimou, je cite : « les mouhjizaat sont pour les
Prophètes, les miracles(Kirama) pour les saints(Waliyou) et les magies pour les
sorciers ».
Cheikh Ahmadou Bamba dit aussi dans
Massaalikoul Jinaan que : « tout mouhjizaat qui apparait cheikh
un Prophète comme confirmation, peut apparaitre comme miracle chez un saint
pour charisme ».
Des hommes de Dieu comme Cheikhna Cheikh Saadbouh
sont des missionnaires qui devaient concrétiser et renforcer les paroles de
Mohammed(PSL).
Dieu
n’envoie pas ses missionnaires sans leur doter d’outils nécessaires. Et ces
miracles accomplis étaient seulement des moyens de propagation de la religion.
A travers ce récit on apprend encore la
dimension extraordinaire du fils de Cheikhna Cheikh Mohammad Vadal. Il a joué
un rôle de premier plan dans la propagation de la tarîqa Qadria.
Si aujourd’hui des centaines de milliers de
Guinéens pratiquent le wird Qadria et font des zikr c’est grâce à Cheikhna
Cheikh Saadbouh. Donc nous ne pouvons que dire Merci Cheikhna.
Pour élaborer cet article, je me suis
inspiré :
·
des rapports coloniaux sur
l’islam au Sénégal et au Fouta Djallon
·
de certains mémoires d’études
·
du récit de Cheikh Biram Seck (le
cas de Cheikh Fanta Mady), que je remercie au passage pour son déterminisme et
sa générosité.
·
De la traduction de Misbâkh ad
diyâ de Cheikh Déthialaw par Cheikh Makhète Diop (je le remercie aussi).
Je remercie toute personne qui lira cet
exposé, et l’appelle à la compréhension et la correction. Je l’ai écrit
uniquement dans le but de faire connaitre le travail que notre wassila a
accompli pour le développement de l’islam en pays noir.
Les erreurs et les manquements ne seront pas
absents, donc je vous incite encore à apporter des compléments et des
rectifications si nécessaires.
Dah DIENG, serviteur de Cheikhna.
*il n’est pas avéré que Cheikhna
Cheikh Saadbouh visita la Gambie, son voyage dans le Djolof où il rencontra
Alboury et dans le Baol où il se croisa avec le Tegne Bey Bayaar sont
mentionnés dans les archives.
*les noms des provinces peuvent
actuellement changer, surtout après les indépendances.




