On entend peu parler du Burkina
Faso par les temps qui courent. Et pour cause, les images quotidiennes
des guerres en Palestine et en Irak, occupent nos médias, tout comme
elles nous préoccupent, quand elles ne nous révoltent pas, pour peu
qu’on soit conscient de vivre sur la même terre. Au Burkina pourtant,
comme nous l’avons souligné dans plusieurs articles
précédents, la vie politique renait, le peuple se découvre de nouveau
acteur de son avenir et se mobilise, l’opposition politique retrouve une
seconde vie, et sa crédibilité, tandis que fleurissent de nombreuses
associations citoyennes à l’initiative d’une nouvelle génération de
jeunes entre 30 et 40 ans qui se méfient du jeu politique politicien,
mais veut néanmoins s’engager.
La seule question à laquelle est suspendue pour l’instant la vie politique
du pays et celle de savoir si Blaise Compaoré va de nouveau se
présenter aux élections présidentielles prévues en 2015. Pour pouvoir le
faire il doit organiser un référendum pour modifier l’article 37, qui
limite le nombre de mandats à deux. Ses partisans l’y poussent en même
temps que leurs rangs semblent s’éclaircir. En effet, certains anciens
ténors de son parti, le CDP, Congrès pour la démocratie et le progrès,
ont claqué la porte entrainant de nombreux militants avec eux pour
créer leur propre parti le MPP, Mouvement du peuple pour le progrès, et
rejoindre l’opposition.
Alors qu’elle était, il y a peu, dominée par la gauche,
les sankaristes et le PDS/Metba, l’opposition se trouve désormais
dominée par des partis dirigés par des anciens membres du CDP, anciens
ministres et/ou collaborateurs de Blaise Compaoré.
Les dernières élections ont désigné
Zéphirin Diabré comme chef de file de l’opposition, puisque son parti
avait de loin le nombre de députés le plus important parmi ceux de
l’opposition. Pour l’instant elle est unie pour réclamer le départ
de Blaise Compaoré. C’est ainsi qu’elle organise d’immenses
manifestations qu’elle encadre parfaitement. Malheureusement le blocage
politique actuel empêche tout débat de fond sur l’avenir du pays.
L’opposition a donc organisé une nouvelle manifestation
monstre le 23 août 2014 à Ouagadougou. Elle a sans doute été motivée
par des déclarations de Blaise Compaoré de plus en plus précises sur la
nécessité d’organiser un référendum. Ainsi, le 6 août dernier, à la
question de BBC Afrique - « Donc il y aura un referendum malgré la contestation de l’opposition ? », Compaoré répond : « C’est
pour cela même qu’il faut un référendum, c’est ça qui doit justement
départager les uns et les autres. (…) Nous sommes dans un débat démocratique
normal, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Et je crois
que la Constitution a prévu qu’il y ait des situations où le recours au
référendum peut aider à solutionner ce genres de débats ou de
contradictions à l’intérieur des citoyens.Source: blog de Makaila





